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Les Eclosions Asynchrones

Les Eclosions Asynchrones

Auto-édition, romans, poésie, spiritualité

Articles avec #poemes catégorie

Publié le par P.S.
Publié dans : #Poèmes



Malheureuse Suburre, j'ai vu ton agonie

Quand les machines mortes sont tombées du ciel,

Apportant la riposte de la citadelle.

J'ai vu tomber tes murs; j'ai vu brûler ton lit;

 

J'ai vu les mères nues cherchant les nouveau-nés,

Pauvres ongles griffant les maisons effondrées

Sous les coups de boutoir des pacificateurs ;

J'ai encore aux tympans le cri de leurs douleurs.

 

Lors des ruines rougies sont sorties les phalanges

Assoiffées de justice, le flot de tes fils,

Horde brute en furie de démons et d'archanges,

Courant vers la cité, folie de Némésis.

 

Puis j'ai vu les donjons s'abîmer en poussière

Libérant l'horizon de virgules d'orgueil,

Les Hespérides d'or s'embraser dans la guerre

Et les fiers patriciens dans la fuite et le deuil.

 

Tout ceci n'est qu'un songe, Suburre l'endormie,

Le fruit mal digéré d'un trop profond sommeil.

Mais je tremble à l'idée que vienne ton éveil,

Et que de t'étirer ne te prenne l'envie…



in "Les Eclosions Asynchrones" - dépôt SNAC n° 8-0222

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Publié le par philippe souchet
Publié dans : #Poèmes

Tu apparais à l'huis donnant sur la terrasse,
Les étoiles pâlissent, jalouses de ta grâce.
La Lune se rit d'elles : « Moi, je ne crains personne ! »
Car tu n'existes pas pour cette fanfaronne.

Alors tu fais un pas, nue comme aux premiers temps,
Allumant l'Univers de tes formes divines.
Dans le cosmique envol de ce commencement,
Les étoiles se vengent, Sélène a triste mine.

Devant tant de splendeur, elle voile sa face
Voudrait bien être ailleurs, se tortille et grimace.
Elle se tourne enfin, rongée de désespoir,
Recouvrant la Terre de la nuit la plus noire.

Les Royaumes obscurs appartiennent au vent
Qui se dit en lui-même, constatant ta victoire,
Que tu es le joyau qui manquait à sa gloire.
Eole est capricieux, il te veut promptement.

Il pense à t'enlever, faire de toi sa reine.
Mais alors tu chantonnes et ta voix magicienne
S'envole vers les cieux porter le doux message
De tes lèvres sucrées et de rêves peu sages.

Ta comptine joyeuse, en volutes subtiles,
Eveille le printemps de sa froide torpeur.
Le vent court, effrayé par ce nouveau péril,
Chercher dans une grotte écho à sa douleur

Attiré par le bruit, apparaît le Soleil.
Devant tant de rondeur, son désir se réveille.
Il prend le long chemin qui va jusqu'à ta peau.
Mais Phœbos est trop gros, malhabile et lourdaud,

Il hâte en se traînant, il en pleure de rage.
Alors je te rejoins, je te prends et t'enlace.
Le Soleil me maudit pendant que je t'embrasse,
Noyant son infortune en une pluie d'orage.



© Les Eclosions Asynchrones - dépôt SNAC n°8-0222

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Publié le par P.S.
Publié dans : #Poèmes

 

 

 

 

Mon épiderme vise à l'immortalité,

Le glorieux souvenir du premier découvreur,

Quand la brume soudain révèle en profondeur

L'ignorance ignorée d'une terre intouchée.

 

Tout ici est nouveau, et la raison n'est plus.

Silencieuse orée vers le coeur de la ouate,

Géographie vierge d'un pays inconnu,

Références perdues et langue inadéquate.

 

Cartographe poète, imprécis à dessein,

Je veux prendre mon temps en faisant mes dessins.

Patiemment mesurer les dénivellations,

Vérifier les cotes, sonder les fondations,

 

Interroger les sources au sujet des montagnes,

Demander aux sommets jusqu'où vont les vallées,

Comment trouver de l'or pour la reine d'Espagne,

Du marbre ou du granit pour faire une cité...

 

En un mot, je veux tout connaître par ici.

Ce coin mystérieux, inconnu du public,

Au milieu des atlas tâche blanche pudique,

J'en ferai, c'est certain, une encyclopédie.

 

 

 

 

in "Les Eclosions Asynchrones" - dépôt SNAC n°8-0222

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Publié le par P.S.
Publié dans : #Poèmes

 

 

 

 

 

 

 

 




La maison de Chronos, le maître de ce temps,
Royaume de l'obscur, de l'éternité noire,
Perdue parmi des blocs de glace dérivants,
Que même les incubes évitent en se signant,


La planète aux anneaux est la prison des âmes.
Terre maudite, exil de plomb et de silence,
Négation des plaisirs, tombeau des décadences,
Ultime effacement des abjections infâmes.

Les esprits révoltés, freinant des quatre fers,
Qui riaient de bon coeur en parlant des Enfers,
Qui massacraient la Vie et détestaient l'Amour,
Sont envoyées ici sans espoir de retour.

Saturne des Romains, à la colère froide,
Aux phalanges crispées et à la nuque roide,
Impassible gardien des plus grands criminels,
Inspecte ses verrous de ses sombres prunelles.

Des clepsydres vidées trônent, silencieuses,
Sur le même établi qu'un sablier sans âge
Où les grains de silice, par leur étroit passage,
S'écoulent en volutes inverses et malicieuses.

Dans ses geôles, j'ai croupi pendant cent mille années,
Mais pour bonne conduite, Chronos m'a relâché.
Je suis vierge à nouveau mais n'ai rien oublié :
J'ai recraché le philtre qu'il m'avait donné.

Je suis autorisé à reprendre ma route.
Derrière mes barreaux, je n'ai pensé qu'à çà.
Le temps perdu me hante, et la faim, tu t'en doutes.
Les vents solaires me poussent, je navigue vers toi.

J'arriverai demain, et tu ne m'attends pas.
Je compte, je te le dis, ma bien-aimée Gaïa,
Reprendre notre affaire où nous l'avons laissée
Sans être interrompu avant cent mille années.





in "Les Eclosions Asynchrones" - dépôt SNAC n° 8-0222

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Publié le par P.S.
Publié dans : #Poèmes




Quand le pouvoir d'aimer vibrera dans nos paumes,
Vert et luminescent, guérissant comme un baume,
J'emplirai le creuset de mes yeux assoiffés
A l'eau de ton regard sans être foudroyé.

Quand mes mornes gardiens, relâchant leurs filets,
Fuiront à l'horizon sur leurs montures maigres
L'airain de mon armure, redevenue intègre,
Flamboiera de la joie d'abriter ton reflet.

Et tu t'approcheras, ton image emplissant
Les circonvolutions du métal ciselé
Où nos âmes unies feront un mausolée
Aux tristes souvenirs du passé finissant.

Et l'aube éclatera, première de milliers,
Libérant l'énergie de fusion de nos vies.
Peut-être à ce moment, entrelacés ainsi,
Dirons-nous du futur qu'il nous est familier...

Le jasmin, le lotus, fleuriront sous nos pieds,
Répandant dans les cieux l'écho de nos bienfaits,
Des rayons monteront du sol en cathédrale,
Les anges donneront nos noms à des étoiles,

Les monstres du dessous, tels des chats de gouttière,
Quémanderont le droit de vivre à nos côtés.
Nous le leur donnerons et la nature entière
Verra éclore la nouvelle humanité.






in "Les Eclosions Asynchrones" - dépôt SNAC n°8-0222

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Publié le par philippe souchet
Publié dans : #Poèmes


 

 

Quand tu me dévisages et que tu me séduis,

La morsure indigo de tes yeux presque offerts

Perfore ma raison, va au fond de ma chair.

Mon âme se dissout, ma volonté s'enfuit.

 

 

 

Tu vides ton carquois de sa dernière flèche,
Qui m'atteint en plein coeur sans même t'étonner.
Tu t'approches de moi, flairant la viande fraîche,
Tu tâtes le gibier d'un bout d'orteil blasé,

 

Et constatant ma mort facilement acquise,
Ton rire explose et fuse au plus haut des nuées.
Sans attendre un instant, tu découpes ta prise
Et va au Mont Olympe montrer tes trophées.

 

Pour narguer Aphrodite et les dieux assemblés,
Tu jettes à leurs pieds les lambeaux déchirés
De ce qui fut jadis ma joie, ma liberté,
Et l'espoir insensé de pouvoir te toucher.

 

 

 

 

 

 


in "Les Eclosions Asynchrones" - dépôt SNAC n°8-0222

 

 

 

 

 

 

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Publié le par philippe souchet
Publié dans : #Poèmes




Afflux de l'énergie primale incorruptible,
Jouissance de la force intouchable de grâce,
Connaissance immanente, sans effort accessible,
Jetant vers le futur un regard de rapace,

Je me penche au-dessus de l'abîme bondé
Où les médiocres lèchent la facilité
En confrontant leur tête à des parois de verre
Pour tenter vainement d'y trouver un peu d'air.

« Flambez ! »  dis-je.  Et les monts prennent feu,
Envoyant le velours de leurs draps jusqu'aux cieux.
« Fuyez ! »  dis-je.  Et la pierre se noie
Vers le coeur de la Terre, au plus loin de ma voix.

Car ce soir tu as dit que tu pensais à moi !





in "Les Eclosions Asynchrones" - dépôt SNAC n°8-0222

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Publié le par philippe souchet
Publié dans : #Poèmes

 

 


J'ai vu un messager dans l'ombre de la porte.
Esprit libre et léger, pieds nus et sans escorte,
Il est venu à moi quand je n'attendais rien,
Perdu dans les ténèbres à l'écart des chemins.

Il a posé sur moi l'index de la justice,
Un doigt de compassion juste entre les deux yeux.
Et sans me dire rien, afin qu'en moi s'immiscent
La lumière et la foi qui font les gens heureux,

Il n'a fait qu'un sourire avant de disparaître.
Mais un sourire tel fait vaciller les êtres.
Il
signifiait « je t'aime », il signifiait « je sais »
Il me disait « Je suis, par conséquent Tu es ! »









in "Les Eclosions Asynchrones" - dépôt SNAC n°8-0222

 

 

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Publié le par philippe souchet
Publié dans : #Poèmes


Je est un artiste,
Qui enfile les incarnations sur un faisceau de rêve
Comme des perles de verre coloré sur un collier sans fin.
Chacune est unique.

Approche une perle de ton oeil.
Tu apprécies son eau.
Tu vois le monde à travers elle, et le monde prend sa couleur.
Tu considères sa beauté, sa taille, sa matière.

Mais tu en fais le tour et tu t'en lasses.
Tu passes alors à la perle suivante.
Tu la considères et tu l'apprécies,
Puis tu passes à la suivante.

Et ainsi au long du faisceau infini,
De perle en perle, de rêve en rêve.

Mais Je ne s'intéresse pas à une perle.
Ni même à une enfilade de perles,
La façon dont elles se complètent ou se répètent.

Je ne voit que le collier, et l'arbore avec fierté,
Et rend grâce qu'il soit fait de tant de perles,
Et aussi belles.




in "Les Eclosions Asynchrones" - dépôt SNAC n° 8-0222

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Publié le par philippe souchet
Publié dans : #Poèmes


Depuis combien de temps n'as-tu senti, ma Reine,
Le souffle du dragon circuler dans tes veines ?
Et la fois dernière où la morsure du croc
T'as rendue à la vie en perforant ta peau ?


Sinueuse caresse, écailles assassines,
Haleine lancinante au long de ton échine
Et la beauté du feu, engourdissante et douce,
Langue ardente, dressée sous la lumière rousse.

Où sont les cris, où est la lutte ?
Et la survie, et la culbute ?
La peau qui brûle et les yeux verts,
L'exquise chaleur des Enfers ?

Je te promets un songe à nul autre pareil
Qui brûlera ton corps au-delà du Soleil.
Montre-moi ton sein blanc, fille aînée de l'Egypte,
Prends-moi avec toi sous la pierre de la crypte.




in "Les Eclosions asynchrones" - dépôt SNAC n° 8-0222

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