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Les Eclosions Asynchrones

Les Eclosions Asynchrones

Auto-édition, romans, poésie, spiritualité

Articles avec #poemes catégorie

Publié le par Les Eclosions Asynchrones
Publié dans : #Poèmes

( A l'occasion de la journée mondiale contre l'esclavage des enfants, le 16 avril. )

 


Encagées les colombes
A coudre des maillots,
Saccagés les loupiots
A fabriquer des bombes.

Les yeux durcis au feu
De ce drôle de jeu
Et les coeurs calcinés
Par l'argent des aînés,

Ils ravalent leurs larmes,
Leurs espoirs dénudés,
En exhibant leurs armes
Quand passent les blindés.

Exploiteur à la chaîne,
A la mine, à la rue,
Le pervers se déchaîne
Sur l'innocence nue.

 

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Publié le par Les Eclosions Asynchrones
Publié dans : #Poèmes
© photo by Kurt Arrigo

© photo by Kurt Arrigo


Tu crains le tangage ?
Ferme les yeux et lâche le cordage.
Ressens la pulsation du pont.
Epouse son battement, car rien n'est stable ici.
La raideur et le refus, c'est l'épuisement et la chute.
Tu trouveras l'équilibre par le mouvement symétrique.

Entends-tu l'écume qui fredonne,
de l'étrave aux membrures,
et résonne jusque dans ton coeur ?
C'est le chant du monde,
le murmure structurel,
le rythme intime de la vie !

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Publié le par Les Eclosions Asynchrones
Publié dans : #Poèmes
éruption solaire du 31 août 2012 - Crédits: NASA/GSFC/SDO

éruption solaire du 31 août 2012 - Crédits: NASA/GSFC/SDO

 

Holà ! De la vigie ! Passons-nous le récif ?
Nous risquons de heurter, ce trou noir est massif.
Des poids morts du passé notre cale est trop pleine,
Il faut nous alléger, jeter ce qui nous freine !

Brûlez vos souvenirs de vieux contrebandiers !
Lancez par dessus bord les chagrins irradiés,
Les atomes amers, les regrets qui se traînent,
Isotopes instables aux fissions en chaîne.

Entendez-vous râler la carène meurtrie,
Balafrée par Deneb et ses hauts-fonds mortels ?
Rapiécée comme il faut sur Alpha Centauri,
Elle a faim de soleils, de nouveaux archipels !

Or çà, pare à virer, cap sur Aldébaran,
Ensemençons l'espace d'un chant conquérant !
Foin des embruns toxiques thermonucléaires,
Frappez les écoutes de nos voiles solaires !
 

Hardi ho, canailles ! Prestement mes babouins !
N'êtes-vous point mangeurs de cette poésie ?
Ces tripes de magma, ces boyaux en furie,
Nous drossent dans le vent et nous jettent plus loin !


Goûtez notre pouvoir, nous sommes souverains,
Nous tenons l'univers dans le creux de nos mains !
En chasse, moussaillons, mettez toutes les toiles,
Voyez comme nos mâts écorchent les étoiles !

Ce quasar appartient à qui le saisira,
Avec, sur mon tonneau, trois rations de tafia !
Contemplez notre prise, à portée de photon,
Quand déjà, incendié, s'approche l'horizon !

 

 

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Publié le par Les Eclosions Asynchrones
Publié dans : #Poèmes

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Publié le par P.S.
Publié dans : #Poèmes

Le sang figé du fleuve blanc

 

 

Niagara Falls en hiver - © The Canadian Press, Aaron Lynett/Associated Press

Niagara Falls en hiver - © The Canadian Press, Aaron Lynett/Associated Press

 


La première aube de l'hiver.

Toute la nuit, de la poudre d'échafaud,
des paillettes de mutisme,
des particules de menace,
se sont massées par millions.
 
Puis tout s'est tu.

Et ce matin, le monde est vide. 

Seul un éclair inversé de ténèbres,
un grand tronc nu et noueux,
cherche à griffer la brume pâle.
Incrédule, il constate les désertions tout autour.
Les lâches !

Le général Hiver, patiemment, discrètement,
a positionné ses pièces.
A présent, il attaque.

Tous les muscles raidis, l'arbre se prépare à l'assaut.

Déjà, l'avant-garde de la bise le harcèle,
le frôle, cherche la faille, affaiblit ses défenses.

"Forces de mes pères,
venez en moi avant le grand sommeil !
Montrons-lui comment meurt un héros !
Ennemi de pacotille !
Je suis la vie, et toi, qu'es-tu ?
Contemple mes cicatrices :
ce n'est pas notre premier duel,
et chaque fois tu te lasses et renonces ! "

A ses pieds, le sang du fleuve,
alourdi et malsain, ne se meut plus.

Le courant est chargé de boue et d'immondices.
Il charrie des souches arrachées,
des charognes de chevaux, d'hommes parfois,
pitoyables pantins de paille.

De loin en loin, des éclats de pourpre et d'or
scintillent brièvement dans les remous...
la gloire engloutie de dragons impériaux.

C'est le présent de batailles inconnues
Que l'on devine en amont, au nord.
Les restes.
Les déchets.
Les excréments de la guerre.

Ici, la mort ne rôde pas.
Elle se laisse porter, paresseuse mais affamée.

Un vieux loup famélique,
le dernier de sa race,
hurle encore à la lune.

Puis revient le silence.

 

 

à mon père qui se bat

février 2016

 

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Publié le par P.S.
Publié dans : #Poèmes, #SoundCloud
In Vivo

 

 

Et voilà qu'au commencement,
Bat une faible pulsation.

Une pulsation de conscience
Issue de rien et qui est tout.

Une pulsation binaire qui enfle,
Et qui, déjà, sépare en deux tout ce qui est :
Le battement et le silence,
L'être et le non-être,
Le blanc et le noir.

Des forces naissent de cette dualité,
Des forces qui sont tout ce qui est :
La Volonté de découvrir
Et le Désir de fonder,
La Volonté de conquérir
Et le Désir de créer,
La volonté de nouveauté
Et le désir de conserver.

Apparus brutalement d'une incommensurable éternité
Volonté et Désir dansent
Main dans la main,
Les doigts entrelacés,
Poussent l'un contre l'autre
Dans l'espoir de se fondre
Et n'y arrivant pas
Essaient de se détacher...
Mais cela aussi est impossible.

Attraction et répulsion s'annulent,
Volonté de mouvement,
Désir de rester.

Leur ronde s'accélère.
Les forces qui les attirent,
Les forces qui les repoussent
Deviennent incalculables,

Et explosent !

Un éclair blanc se répand,
Là où il n'y avait rien,
En milliards de gouttelettes émulsionnées,
Océan de micro-volontés et de micro-désirs.

Un nouvel horizon flambant neuf,
Lancé dans une expansion sans limite.
Le cocon originel, le nid, le creuset,
Dans lequel apparaissent brusquement,
Et de partout, des créatures
De toutes tailles, de toutes formes,
Inertes ou animées,

Qui grouillent, se frottent, se dupliquent,
Se mangent, prennent leurs aises...

Tombent, glissent, ondulent, vibrent,
Sautent, piétinent, courent...

Murmurent, beuglent, chantent,
S'insultent, s'appellent, se maudissent,
Sussurent, crient, jouissent...

Et dans ce fourmillement,
Et dans ce nid fantastique,
Naître.

Sortir du néant.
N'être rien.
Et soudain, ne plus être rien !
Etre, donc, enfin !

Prendre possession de l'espace.
Etendre ses sensations.
Connaître.

Explorer.

Prendre conscience d'une altérité.
Ne plus être seul.
Quelle révolution !
Toucher,
Entrer en contact avec l'altérité.
Etre touché.
Aimer toucher.
Aimer être touché.

Entendre des messages.
Issus de l'altérité.
Informes d'abord,
Puis se structurant.
Aimer ce qui est communiqué.
Donner un sens à ce qui est communiqué.
Comprendre.

Accuser réception.
Emettre des signaux en retour.
Communiquer.

Exprimer des besoins.
Par miracle,
Les voir satisfaits

De temps à autres...

Et sinon, 
Apprendre la patience !

Recommencer.
Aimer communiquer.
Pour rien parfois.
Pour le plaisir !

Envoyer des signaux vers les espaces vides.
Tester l'existence d'altérités distantes.
Recevoir des réponses.
Ou pas.

 

Se créer de nouveaux organes,

Découvrir de nouveaux sens

Pour apprendre plus et mieux.

Pour aller plus vite,
Plus loin,
Plus longtemps.

Explorer.

Faire d'innombrables tentatives,
D'innombrables rencontres.

Jusqu'à l'accident bête :
Percuter une altérité spéciale.
Un hologramme charmant,
Qui a la propriété unique
De contenir en lui tout l'univers.

Et qui fasse naître le désir de créer,
Le désir de fonder. 

Tenter de fusionner avec l'altérité spéciale,
Danser main dans la main
L'espace de quelques respirations,
Les doigts entrelacés,
En tournant à perdre les sens,
Jusqu'à exploser à son tour
En milliards de gouttelettes.

Rejoindre l'océan primordial de Volonté et de Désir.

Se reposer un peu
Pendant l'absence de temps qu'il faut...

Jusqu'à ressentir à nouveau
Le manque de l'altérité spéciale.
De son toucher.
De ses signaux.

Et n'y tenant plus,

Vouloir replonger.

Vouloir repartir.

Désirer la chercher
A travers d'autres espaces,
D'autres amalgames de Volonté et de Désir,
D'autres creusets.

Renaître.
Re-être.
Re-connaître...

Et tout recommencer...

Et encore...


Et encore...

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Publié le par P.S.
Publié dans : #Poèmes
La Pythie en consultation, coupe du Ve s av JC, Staatsliche Museum, Berlin.

La Pythie en consultation, coupe du Ve s av JC, Staatsliche Museum, Berlin.

Avide prophétesse, interprète des dieux,
Vois : je suis revenu te demander audience,
Espérant profiter de tes dons de voyance
En ayant satisfait la liste de tes vœux.

J'ai tué vingt chevaux à force de courir
Après l'une ou l'autre des gemmes idéales
Qui sauront provoquer tes visions infernales.
J'ai traversé le monde pour ton bon plaisir,

Pour que, de tes encens aux volutes blafardes,
Ou d'un corbeau ouvert aux entrailles bavardes,
Tes souhaits exaucés, me consentant un mot,
Tu me parles de ceux qui sont partis trop tôt.

Vois donc : j'ai arraché d'un volcan d'Atlantis
L'oeil pierreux d'un titan; contemple son iris !
Le soupir de métal aux reflets de lagune
D'un drap lourd de Damas brodé d'or et de lune;

Un bouquet d'edelweiss cueilli par une vierge
A la lumière bleue d'une aurore et d'un cierge;
D'un soleil moribond l'ultime féérie
Prise dans un fragment d'ambre de Sibérie;

L'orteil d'un empereur dans un coffret d'argent;
Le coeur de son épouse poudré de diamant;
Dessinés au savon, les rêves d'une infante
Sur les bords irisés d'une bulle mouvante;

Tu rejettes, blasée, l'une de mes sacoches,
Qui s'ajoute aux trésors à tes pieds amassés.
Que n'ai-je donc pas fait, et que tu me reproches ?
Qu'attends-tu donc de moi si ce n'est pas assez ?

Vois ici : le sanglot d'un océan perdu
Dans une améthyste sculptée en lacrimoire;
Vas-tu me dire, alors, la fin de leur histoire ?
Ou as-tu d'autres tours dans ton esprit tordu ?

Sont-ils heureux au moins ? Veux-tu un de mes bras ?
Et prend-on bien soin d'eux ? Aimes-tu quand je pleure ?
Dix litres de mon sang pour voir leur ombre une heure
Revenir des contrées d'où l'on ne revient pas...

 

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Publié le par P.S.
Publié dans : #Poèmes
crédit photo: http://rangiroadivingcenter.unblog.fr/requins-sharks/

crédit photo: http://rangiroadivingcenter.unblog.fr/requins-sharks/

 

The sharks are dancing all around
In their smooth and peaceful ballet.
Magnificent in every way,
Nature's wonders always astound.

In this charming wilderness,
You let their babies play and poke.
You like their game, tickle and joke
The dawn of their aggressiveness.

From time to time, a little bite :
They test their jaws and your weakness.
But can you feel in the darkness
Some shadows of a deeper night ?

Have you forgotten the old tales
Of the fishermen and their dread ?
That if you move at the wrong pace,
Or bleed a single drop, you're dead...

 

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Publié le par P.S.
Publié dans : #Poèmes
"Ghost", soldat-gamer pendant l'opération Serval, Mali, janvier 2013 © Youssouf Sanogo (AFP)

"Ghost", soldat-gamer pendant l'opération Serval, Mali, janvier 2013 © Youssouf Sanogo (AFP)

Niveau 1: Alerte
Une caméra zénithale en orbite géostationnaire
Observe des empreintes vitales pixellisées,
Mouvantes sur un plasma en haute définition.
L'efficacité omnisciente des super-calculateurs
Repère une activité non conforme, et cherche à la qualifier.

Niveau 2: Renseignements
Alors, des essaims de drones envahissent le ciel,
Nuées inquisitrices et bourdonnantes
De frelons de métal aux yeux pilotés à distance.
Partout ils se faufilent, reniflent le théâtre
Pour dénicher une faille où s'infilter.
Leurs mandibules gourmandes cliquètent et informent le nid.

La non conformité est réévaluée en menace :
Les empreintes vitales doivent être supprimées.

Niveau 3: En l'air
La zone est reconnue, c'est le temps des chasseurs
Dont les meutes décollent à la verticale.

" ... Guidées par laser,
Nos frappes sont chirurgicales. 
Les dommages collatéraux
Sont donc réduits au minimum,
Et pour ainsi dire impossibles... "

Dit, sur le pont du porte-avion,
un porte-parole souriant
Devant un parterre extatique
D'envoyés spéciaux qui frétillent.

Les carlingues d'argent brillent dans les lueurs de l'aube.
Leurs cris à réaction déchiquètent l'azur,
Strié de traînées de condensation qui s'étirent en spirales ascendantes.

Le quadrant est vectorisé
Par triangulation des satellites
Et les objectifs verrouillés.

Les rapaces cracheurs de foudre
Soulagent leurs fientes en grappes
Qui vitrifient murs et ruelles.

Sous les décombres de torchis,
Coulent des flots épais et sombres
Signant une vendange faste.

Les médailles se congratulent
Au poste de commandement,
Où clignotent les voyants verts
De la victoire et de la liesse.

Niveau 4: Au sol
Là-haut, pourtant, l'oeil en orbite
n'est pas encore satisfait.
Il faut nettoyer maison par maison car cela bouge encore. 

Des fantassins cybernétiques sont lâchés au milieu des ruines.
Les exo-squelettes articulés,
rendus furtifs à l'infra-rouge,
Projettent des rayons perforateurs contre les blindages de titane.
Des rafales de balles traçantes éclaboussent la nuit
En impacts incandescents dont les béances fumantes
S'alignent, se croisent, se rejoignent vers une silhouette qui s'évapore.
Point de fuite.

Une à une, les empreintes vitales s'effacent des écrans de contrôle.

 


" Ils rigoleront moins avec ça dans la gueule...
- Tu peux arrêter avec ta console ? Ça me saoûle ton truc !
- Encore deux minutes, maman, je finis juste le niveau... "

 

 

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Publié le par P.S.
Publié dans : #Poèmes, #ipagination
"Ma Française", texte d'après une illustration de Sophie Lambda

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