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Les Eclosions Asynchrones

Les Eclosions Asynchrones

Auto-édition, romans, poésie, spiritualité

poemes

Publié le par Les Eclosions Asynchrones
Publié dans : #Poèmes
"Sous les murailles Chronophages", nouveau recueil de poésie

 

Bonjour à tous,

Nous sommes très heureux de vous annoncer la sortie d'un nouveau recueil de poésies, "Sous les murailles Chronophages",
qui rassemble l'ensemble des productions depuis le dernier ouvrage paru en 2017, "La provende des sibylles".


Nous vous en souhaitons bonne lecture !


Extrait de la quatrième de couverture :

"Votre majesté n'était encore qu'une enfant,

Une toute petite fille, pour ainsi dire,
Et l'empire, que vous dirigiez déjà d'une main assurée,
Ne s'étendait alors qu'à la moitié de l'Univers.

C'était juste après avoir soumis les peuples d'Andromède,
En une conquête interminable, acquise de haute lutte
Durant des éons de guerres larvées, de traîtrises et de massacres.

Je me souviens que dans notre hâte à vous rejoindre,
Nous fîmes passer nos nefs par le Détroit des Géants Chronophages,
Un dangereux raccourci qui traverse la constellation de l'Horloge…"




Trouver le recueil en ligne...

 

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Publié le par Les Eclosions Asynchrones
Publié dans : #Poèmes
Les marionnettes enragées
Photo by Nsey Benajah on Unsplash

Au fond d'une geôle lointaine,
Dans un univers insondable
Qui brûle au feu de la Géhenne,
Croupit la lie de l'innommable.

Au milieu des visions d'horreur,
Parmi les cris de désespoir
Et les hurlements de terreur,
On entend des coups de boutoir :

Des démons prisonniers enragent,
Secouent les barreaux de leurs cages,
Forcent leurs chaînes, leurs verrous,
Qui cèdent soudain sous les coups.

Fuyant la souffrance éternelle
Par une faille temporelle,
Ils envahissent notre monde
Où la chair offerte est féconde…


***


Quand les corps de pantins inconscients qu'ils pilotent
Se rassemblent en meute en sortant de leurs grottes,
Et se sentant plus forts, étonnés de leur nombre,
Inondent les cités de leur grouillement sombre,

Quand leurs lèvres de bois tordues
Font résonner des chants de haine
Des mots pourris par la gangrène,
Des insultes longtemps perdues,

Alors la Bête sort enfin,
Nue sous son grand manteau de nuit,
Attirée par le doux parfum
De destruction et d'anarchie.

Et la foule s'agite au rythme de ses doigts,
Car la violence n'est qu'un jeu de marionnettes.
Elle rit et s’enivre des torrents d'effroi
Que crachent chaque jour les égouts d'internet.

Plus le mensonge est gros, plus les pantins s'affolent,
Sanctifiant bec et ongles de fausses idoles.
Le haut devient le bas, et tout est à l'envers
Pour l'esprit asphyxié par des filtres pervers.


***


Bientôt le chaos est partout.
La reine Raison se résout
À inviter en pourparlers
La Bête aux marches du palais.

Accusée de guerre civile,
La monarque fait un faux pas,
Se prend les pieds et tombe au bas
De l'ombre noire qui jubile.

Comprenant sa victoire,
Elle plante ses crocs
Dans le cou de l'infante;
L'étau de sa mâchoire
Irradie le fléau
Dans la chair impuissante.

La Raison est à terre
Et se fait mordre encore
Par la horde zombie
Aveuglée de colère
Qui piétine son corps
Et la laisse sans vie.

"Je hais ta paix molle et morose,
Tes blancs sourires, ta peau rose !"
Éructe la méchante goule
Avec du rouge entre les dents.
"Tu as gouverné trop longtemps
Et ton monde absurde s'écroule.

Je vais détruire ton ouvrage,
Car est venu le nouvel âge :
Celui du sang et de la flamme,
Celui du règne de l'infâme, 

De l'esclavage des silences,
Des murs entre les différences,
De l'histoire arrêtée, enfin,
Pour que l'enfer n'ait plus de fin."

 

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Publié le par Les Eclosions Asynchrones
Publié dans : #Poèmes
Bulles de méthane prises dans la glace - Abraham Lake, Canada

Bulles de méthane prises dans la glace - Abraham Lake, Canada

Photo by John Bakator on Unsplash

 

Dans la brume d'hiver,
Juste avant le matin,
Quand la lune se griffe
Aux branches dénudées
Et déchire son aube
En regagnant son antre,
Elle s'attarde encore
Sur le lac vitrifié
Dont la croute crépite.

À la lumière bleue
De l'astre noctambule,
Le reflet apparait
D'une belle penchée,
Capturé dans la glace
Par l'antique lueur
D'étoiles disparues.

Les mains jointes sous l'eau,
Le regard implorant,
Cette beauté spectrale
Voudrait qu'on la libère.
Larmes de paysanne ?
Supplication de reine ?
Immobile, en silence
Le fantôme sans nom
Attend depuis des siècles
Qu'on le délivre enfin.

En longs gardiens muets
Plus anciens que le monde,
Les arbres momifiés
Aux cheveux en bataille
Alourdis de cristal
Savent seuls son secret.

Mais une fois encore
Dans le jour qui se lève
La prière s'efface;
Le reflet disparait
Brouillé par une carpe
Qui frôle la surface.

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Publié le par Les Eclosions Asynchrones
Publié dans : #Poèmes
Crédit image : "Tempête de neige en mer" - Joseph Mallord William Turner - 1842

Crédit image : "Tempête de neige en mer" - Joseph Mallord William Turner - 1842

Piégée dans les basses fréquences,
Les quarantièmes rugissants
De l'océan d'impermanence,
Ainsi vogue l'âme en exil,
À la barre de son rafiot
De chair, de sang, d'os et d'ego.


La carène qui craque
Et martèle en cadence
La muraille liquide
La fait chanter de joie.

Elle se rit des grains
Et de l'adversité,
Transperce l'illusion
D'une gerbe d'écume
Pour plonger dans un creux
Et ressortir plus loin
Bousculée et trempée, 
Mais jamais rassasiée
D'assauts et de surprises !

Éparpillées partout,
Les coquilles de noix
D'autres grands voyageurs

Battant même étendard,
Bondissent au sommet
Des montagnes rétives
Tels des chevaux de mer

Hennissant d'impatience.

Dans l'oubli du départ,
L'inconnu de la cause,
Les âmes au long cours
Se donnent rendez-vous
À l'horizon du rêve,
Sans autre but, au fond,
Que l'infini des voies;
Sans non plus d'autre carte
Que celle à inventer.

 

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Publié le par Les Eclosions Asynchrones
Publié dans : #Poèmes
crédit image : © unsplash.com

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Une simple ligne
Tracée au crayon
Sur un bout de papier,
Ouvre une plaie sur le monde
Et coupe un continent,
Un pays,
Une ville,
Un quartier,

Une maison,
Un cœur.

De quel côté de la ligne es-tu :
Bon ou méchant ?
Gagnant ou perdant ?
Ville ou campagne ?
Beau quartier ou banlieue ?
Capitale ou province ?

L'encre pénètre la terre, 
Qui l'infuse comme un buvard. 
Les lèvres de la plaie s
'ourlent,
Se gonflent, 

S'écartent,
Se propagent en gerçures,


Riches contre pauvres,
Patrons contre salariés,
Vieux contre jeunes, 
Blancs contre noirs,
Autochtones contre étrangers,
Croyants contre païens,
Colons contre terroristes, 
Hommes contre femmes,
Humains contre animaux, 
Frère contre frère,
Main droite contre main gauche...

Une simple ligne
Tracée au crayon
Sur un bout de papier
Projette sur l'âme
Des pointillés de peur,

Et c'est la guerre. 

 

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Publié le par Les Eclosions Asynchrones
Publié dans : #Poèmes
Crédit image : http://fredericlabonde.com/fr/brulure/

Crédit image : http://fredericlabonde.com/fr/brulure/

 

Les secrets de famille
Sont des chaînes fumantes
Qui brûlent nos chevilles
D'inconscients esclavages,
Tirant des boulets rouges
Qui se perdent bien loin
Derrière l'horizon;

Ces drames engloutis
Sous les générations, 
Ces graviers d'uranium
Dans nos vieilles godasses,
Rongent la peau des pieds
Et font boiter nos vies
En courbant le futur;

En infusant le doute
Et la crainte du monde
En nous à chaque instant, 
C'est l'écho momifié
Des cris de nos aïeux, 
C'est leur appel à l'aide
Qu'ils veulent libérer.



 

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Publié le par Les Eclosions Asynchrones
Publié dans : #Poèmes
Crédit image : https://www.save.ca

Crédit image : https://www.save.ca


De tendresse volée
En tromperies sordides,
De rendez-vous candides
En promesse oubliée,
Le cœur de la fillette,
Palpitant à paillette,
S'est brûlé à l'espoir
Trahi soir après soir.

La jeune infante s'est fanée, 
S'est enlacée de solitude,
Et a cherché sous d'autres cieux,
Sous les vitraux de l'habitude,
Une explication sanctifiée
À ses hurlements silencieux.


Sous la crème onctueuse,
Le beurre de missel 
A coulé dans les failles
Sans jamais les guérir,
Recouvrant de prières, 
De litanies fossiles,
Les plaies laissées béantes
Et qu'on croit oubliées.


Sous la croûte rose et sucrée
De ses vœux pieux collants de miel
A l'apparence énamourée,
Se noie un noyau fait de haine
Et d'anathème universel,
Marbré de colère et d'ébène.


Le cœur endurci à la flamme
Ne bat plus d'un amour de femme.
C'est un morceau noir de charbon
Qui trace sa malédiction
Sur les murs d'une forteresse,
Sur le différent, l'étranger, 
Sur l'ouverture et le danger
De trop exprimer sa faiblesse.


 

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Publié le par Les Eclosions Asynchrones
Publié dans : #Poèmes

Chaque samedi, la team #SamPoésie emmenée par Sandra Dulier (twitter: @SandraDulier) propose des défis à tous les auteurs francophones qui le souhaitent. Voici ma participation pour cette semaine... Plus d'infos là !

Source image : © pixabay

Source image : © pixabay

 

Fil de chaîne, fil de trame,
Fil d'azur, fil de drame,
Jour après jour, 
J'ai tissé ma vie,
Ma route de l' "à soi",
À partir de brins de ciel,
De cordes de pluie, 
De perles d'aventures,

Du chanvre des orages,
Des plumes de voyages,


Mais surtout de tes fibres, 
De la soie de ta peau,
Du coton des câlins,
Des éclats de brillants
Qui restent de tes rires
Et ceux de nos enfants.


J'ai tout pris sans regret,
J'ai tout gardé,
J'ai tout incorporé
Dans cette mosaïque.


Mais c'est le crépuscule
Et je n'y vois plus clair.


Je tends sur le métier
Ce qui reste de fil,
Qui est prêt à casser.


Je n'ai plus de matière 
Pour ma tapisserie,
Mais je n'ai pas fini.


Alors, comme je peux,
Je comble les oublis
Avec ce qui me vient,
Quelques bouts de nuages
Et des morceaux de nuit
Qui descendent sur moi
De plus en plus nombreux...

 

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Publié le par Les Eclosions Asynchrones
Publié dans : #Poèmes
Crédit image © Jeremy Bishop - unsplash.com

Crédit image © Jeremy Bishop - unsplash.com

 

Allons, c'est l'heure.

Il nous faut laisser partir
Les jeunes gréements
Qui tirent d'impatience
Sur leurs ancres.


Leurs cuivres rutilants
Font de l’œil au soleil,
Leurs voiles toutes neuves
Se gonflent avec orgueil
D'innocence affamée.

Leur pont juste vernis
N'a pas connu l'embrun
Ni la lourdeur du ciel,
Et l'horizon aveugle
N'est qu'un festin promis.



Allons, c'est l'heure.

Leur avons-nous donné
Les cartes mises à jour ?
Ont-ils bien dans leurs cales
Nos plus précieux trésors ?
Avons-nous vérifié
La toile et les cordages ?
Fallait-il faire plus
Pour mieux les retenir ?



Allons, c'est l'heure.

Était-il différent
L'âge auquel nous partîmes ?
Étions-nous préparés
Au premier ouragan ?


Allons, c'est l'heure.

Désormais,
Dans la conscience
Qu'ils sont faits pour voguer,


Mais
Dans l'incertitude de leur cap,
Dans l'ignorance des vents contraires,
Dans la crainte des abordages,
Dans les récits de monstres,
Dans nos ventres noués,
Dans nos prières blêmes,


Nous ne dormirons plus...
 

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Publié le par Les Eclosions Asynchrones
Publié dans : #Poèmes

Un autre texte inspiré par un tableau de Nancy Wood, cette fois dans l'exploration organique de nos réseaux intimes !

(retrouvez les oeuvres de Nancy Wood sur son site)

"Power Shower" © Nancy Wood - http://www.nancywoodartanddesign.com

"Power Shower" © Nancy Wood - http://www.nancywoodartanddesign.com

 

Nous sommes
Les manadiers du souffle, 
Les pourvoyeurs fluides, 
Les pêcheurs de grains d'or;


Nous sommes
Les colonnes nomades
Qui dévalent sans fin
Les torrents telluriques;


Nous sommes
Les bergers transhumants
De cellules-éponges
Qui gonflent à l'inspir, 
Qui tissent du futur
De quelques brins de songe. 


*****

We are
The riders on the breath,
The fluid providers,
The fishermen of grains of gold;


We are
The nomadic columns
Which run down endlessly
Through telluric torrents;


We are
The transhumant shepherds
Of sponge cells
That swell at inspiration,
Who weave the future
From a few strands of dream.

 

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