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Les Eclosions Asynchrones

Les Eclosions Asynchrones

Auto-édition, romans, poésie, spiritualité

Publié le par P.S.
Publié dans : #Poèmes, #SoundCloud
In Vivo

 

 

Et voilà qu'au commencement,
Bat une faible pulsation.

Une pulsation de conscience
Issue de rien et qui est tout.

Une pulsation binaire qui enfle,
Et qui, déjà, sépare en deux tout ce qui est :
Le battement et le silence,
L'être et le non-être,
Le blanc et le noir.

Des forces naissent de cette dualité,
Des forces qui sont tout ce qui est :
La Volonté de découvrir
Et le Désir de fonder,
La Volonté de conquérir
Et le Désir de créer,
La volonté de nouveauté
Et le désir de conserver.

Apparus brutalement d'une incommensurable éternité
Volonté et Désir dansent
Main dans la main,
Les doigts entrelacés,
Poussent l'un contre l'autre
Dans l'espoir de se fondre
Et n'y arrivant pas
Essaient de se détacher...
Mais cela aussi est impossible.

Attraction et répulsion s'annulent,
Volonté de mouvement,
Désir de rester.

Leur ronde s'accélère.
Les forces qui les attirent,
Les forces qui les repoussent
Deviennent incalculables,

Et explosent !

Un éclair blanc se répand,
Là où il n'y avait rien,
En milliards de gouttelettes émulsionnées,
Océan de micro-volontés et de micro-désirs.

Un nouvel horizon flambant neuf,
Lancé dans une expansion sans limite.
Le cocon originel, le nid, le creuset,
Dans lequel apparaissent brusquement,
Et de partout, des créatures
De toutes tailles, de toutes formes,
Inertes ou animées,

Qui grouillent, se frottent, se dupliquent,
Se mangent, prennent leurs aises...

Tombent, glissent, ondulent, vibrent,
Sautent, piétinent, courent...

Murmurent, beuglent, chantent,
S'insultent, s'appellent, se maudissent,
Sussurent, crient, jouissent...

Et dans ce fourmillement,
Et dans ce nid fantastique,
Naître.

Sortir du néant.
N'être rien.
Et soudain, ne plus être rien !
Etre, donc, enfin !

Prendre possession de l'espace.
Etendre ses sensations.
Connaître.

Explorer.

Prendre conscience d'une altérité.
Ne plus être seul.
Quelle révolution !
Toucher,
Entrer en contact avec l'altérité.
Etre touché.
Aimer toucher.
Aimer être touché.

Entendre des messages.
Issus de l'altérité.
Informes d'abord,
Puis se structurant.
Aimer ce qui est communiqué.
Donner un sens à ce qui est communiqué.
Comprendre.

Accuser réception.
Emettre des signaux en retour.
Communiquer.

Exprimer des besoins.
Par miracle,
Les voir satisfaits

De temps à autres...

Et sinon, 
Apprendre la patience !

Recommencer.
Aimer communiquer.
Pour rien parfois.
Pour le plaisir !

Envoyer des signaux vers les espaces vides.
Tester l'existence d'altérités distantes.
Recevoir des réponses.
Ou pas.

 

Se créer de nouveaux organes,

Découvrir de nouveaux sens

Pour apprendre plus et mieux.

Pour aller plus vite,
Plus loin,
Plus longtemps.

Explorer.

Faire d'innombrables tentatives,
D'innombrables rencontres.

Jusqu'à l'accident bête :
Percuter une altérité spéciale.
Un hologramme charmant,
Qui a la propriété unique
De contenir en lui tout l'univers.

Et qui fasse naître le désir de créer,
Le désir de fonder. 

Tenter de fusionner avec l'altérité spéciale,
Danser main dans la main
L'espace de quelques respirations,
Les doigts entrelacés,
En tournant à perdre les sens,
Jusqu'à exploser à son tour
En milliards de gouttelettes.

Rejoindre l'océan primordial de Volonté et de Désir.

Se reposer un peu
Pendant l'absence de temps qu'il faut...

Jusqu'à ressentir à nouveau
Le manque de l'altérité spéciale.
De son toucher.
De ses signaux.

Et n'y tenant plus,

Vouloir replonger.

Vouloir repartir.

Désirer la chercher
A travers d'autres espaces,
D'autres amalgames de Volonté et de Désir,
D'autres creusets.

Renaître.
Re-être.
Re-connaître...

Et tout recommencer...

Et encore...


Et encore...

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Publié le par P.S.
Publié dans : #Poèmes
La Pythie en consultation, coupe du Ve s av JC, Staatsliche Museum, Berlin.

La Pythie en consultation, coupe du Ve s av JC, Staatsliche Museum, Berlin.

Avide prophétesse, interprète des dieux,
Vois : je suis revenu te demander audience,
Espérant profiter de tes dons de voyance
En ayant satisfait la liste de tes vœux.

J'ai tué vingt chevaux à force de courir
Après l'une ou l'autre des gemmes idéales
Qui sauront provoquer tes visions infernales.
J'ai traversé le monde pour ton bon plaisir,

Pour que, de tes encens aux volutes blafardes,
Ou d'un corbeau ouvert aux entrailles bavardes,
Tes souhaits exaucés, me consentant un mot,
Tu me parles de ceux qui sont partis trop tôt.

Vois donc : j'ai arraché d'un volcan d'Atlantis
L'oeil pierreux d'un titan; contemple son iris !
Le soupir de métal aux reflets de lagune
D'un drap lourd de Damas brodé d'or et de lune;

Un bouquet d'edelweiss cueilli par une vierge
A la lumière bleue d'une aurore et d'un cierge;
D'un soleil moribond l'ultime féérie
Prise dans un fragment d'ambre de Sibérie;

L'orteil d'un empereur dans un coffret d'argent;
Le coeur de son épouse poudré de diamant;
Dessinés au savon, les rêves d'une infante
Sur les bords irisés d'une bulle mouvante;

Tu rejettes, blasée, l'une de mes sacoches,
Qui s'ajoute aux trésors à tes pieds amassés.
Que n'ai-je donc pas fait, et que tu me reproches ?
Qu'attends-tu donc de moi si ce n'est pas assez ?

Vois ici : le sanglot d'un océan perdu
Dans une améthyste sculptée en lacrimoire;
Vas-tu me dire, alors, la fin de leur histoire ?
Ou as-tu d'autres tours dans ton esprit tordu ?

Sont-ils heureux au moins ? Veux-tu un de mes bras ?
Et prend-on bien soin d'eux ? Aimes-tu quand je pleure ?
Dix litres de mon sang pour voir leur ombre une heure
Revenir des contrées d'où l'on ne revient pas...

 

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Publié le par P.S.
Publié dans : #Poèmes
crédit photo: http://rangiroadivingcenter.unblog.fr/requins-sharks/

crédit photo: http://rangiroadivingcenter.unblog.fr/requins-sharks/

 

The sharks are dancing all around
In their smooth and peaceful ballet.
Magnificent in every way,
Nature's wonders always astound.

In this charming wilderness,
You let their babies play and poke.
You like their game, tickle and joke
The dawn of their aggressiveness.

From time to time, a little bite :
They test their jaws and your weakness.
But can you feel in the darkness
Some shadows of a deeper night ?

Have you forgotten the old tales
Of the fishermen and their dread ?
That if you move at the wrong pace,
Or bleed a single drop, you're dead...

 

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Publié le par P.S.
Publié dans : #Poèmes
"Ghost", soldat-gamer pendant l'opération Serval, Mali, janvier 2013 © Youssouf Sanogo (AFP)

"Ghost", soldat-gamer pendant l'opération Serval, Mali, janvier 2013 © Youssouf Sanogo (AFP)

Niveau 1: Alerte
Une caméra zénithale en orbite géostationnaire
Observe des empreintes vitales pixellisées,
Mouvantes sur un plasma en haute définition.
L'efficacité omnisciente des super-calculateurs
Repère une activité non conforme, et cherche à la qualifier.

Niveau 2: Renseignements
Alors, des essaims de drones envahissent le ciel,
Nuées inquisitrices et bourdonnantes
De frelons de métal aux yeux pilotés à distance.
Partout ils se faufilent, reniflent le théâtre
Pour dénicher une faille où s'infilter.
Leurs mandibules gourmandes cliquètent et informent le nid.

La non conformité est réévaluée en menace :
Les empreintes vitales doivent être supprimées.

Niveau 3: En l'air
La zone est reconnue, c'est le temps des chasseurs
Dont les meutes décollent à la verticale.

" ... Guidées par laser,
Nos frappes sont chirurgicales. 
Les dommages collatéraux
Sont donc réduits au minimum,
Et pour ainsi dire impossibles... "

Dit, sur le pont du porte-avion,
un porte-parole souriant
Devant un parterre extatique
D'envoyés spéciaux qui frétillent.

Les carlingues d'argent brillent dans les lueurs de l'aube.
Leurs cris à réaction déchiquètent l'azur,
Strié de traînées de condensation qui s'étirent en spirales ascendantes.

Le quadrant est vectorisé
Par triangulation des satellites
Et les objectifs verrouillés.

Les rapaces cracheurs de foudre
Soulagent leurs fientes en grappes
Qui vitrifient murs et ruelles.

Sous les décombres de torchis,
Coulent des flots épais et sombres
Signant une vendange faste.

Les médailles se congratulent
Au poste de commandement,
Où clignotent les voyants verts
De la victoire et de la liesse.

Niveau 4: Au sol
Là-haut, pourtant, l'oeil en orbite
n'est pas encore satisfait.
Il faut nettoyer maison par maison car cela bouge encore. 

Des fantassins cybernétiques sont lâchés au milieu des ruines.
Les exo-squelettes articulés,
rendus furtifs à l'infra-rouge,
Projettent des rayons perforateurs contre les blindages de titane.
Des rafales de balles traçantes éclaboussent la nuit
En impacts incandescents dont les béances fumantes
S'alignent, se croisent, se rejoignent vers une silhouette qui s'évapore.
Point de fuite.

Une à une, les empreintes vitales s'effacent des écrans de contrôle.

 


" Ils rigoleront moins avec ça dans la gueule...
- Tu peux arrêter avec ta console ? Ça me saoûle ton truc !
- Encore deux minutes, maman, je finis juste le niveau... "

 

 

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Publié le par P.S.
Publié dans : #Poèmes, #ipagination
"Ma Française", texte d'après une illustration de Sophie Lambda

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Publié le par EclosionsAsynchrones

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Publié le par Les Eclosions Asynchrones
Publié dans : #Poèmes
Mont Saint-Michel - http://www.geo.fr

Mont Saint-Michel - http://www.geo.fr

 

De vastes monuments de brume
Pavés de vide et de néant,
Des esplanades de géant
Criblées par des trous d'amertume,

Des échafaudages de songes 
Plongeant dans des fanges d'absence,
Et des murailles de mensonges
Effacées dans l'impermanence,

Des panthéons énigmatiques
A d'idolâtres présomptions,
Quelques mirages fantastiques
Tissés de trames d'illusions,

Des cathédrales de poussière, 
De regrets, de jeux d'artifice,
Le doute d'un soupçon d'indice
Qui se dissipe à la lumière, 

Un peu de vent pour toute loi,
Un courant d'air pour toute foi,
Une ombre vague, une chimère,
Tel est notre empire, mon frère... 

 

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Publié le par Les Eclosions Asynchrones
Publié dans : #Poèmes
crédit image : http://frenchinaustralia.com

crédit image : http://frenchinaustralia.com

 

Nous sommes les enfants du rêve,
Le peuple libre,
Les hommes debout.

Nous sommes les avaleurs de landes,
Les traceurs de chemins, 
Les nommeurs d'étoiles.
 
Ce matin encore,
Nous avons entendu l'appel,
Et nous sommes repartis.

Nous marchons depuis des mois.
Depuis des siècles,
Depuis toujours.
Notre colonne est si longue dans la plaine...
Elle ondule à l'infini, chatoyante et joyeuse !
D'où je suis, je ne peux voir les premiers,
Je ne peux voir les derniers !

Dans nos bagages,
Les cendres de nos ancêtres 
Qui ensemenceront de prochains royaumes;
Et la dernière braise du grand feu d'hier,
Que nous rallumerons pour chanter ce soir.

Nous avons laissé loin derrière nous,
Au-delà de l'horizon,
Au sommet des montagnes du premier jour,
Des souvenirs millénaires
Dans des lits de neiges éternelles.

De ces maisons-racines,
De ces terres oubliées,
Nous gardons des légendes
Que les sages-mémoires nous content à la veillée :

La création du monde;

Comment le rêve nous engendra;

Comment la terre et le ciel nous furent donnés
Pour connaître la beauté;

Comment les étoiles solitaires
Nous soufflèrent le nom des choses
Pour que nous jouions avec elles;

Comment notre frère le Soleil nous donna la flamme;

Comment notre soeur la Lune arrondit le ventre de nos femmes;

Comment le vent et la mer nous enseignèrent la musique;

Comment, chaque nuit, nous devons chanter pour empêcher le monde de tomber,
Pour qu'il y ait encore un autre jour,
Un nouveau chemin à découvrir.

Nous sommes les enfants du rêve,
Le peuple libre,
Les hommes debouts...

 

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Publié le par EclosionsAsynchrones

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Publié le par P.S.
Publié dans : #Citations

Chez moi, j'ai des fragments de dieux pour ma jouissance quotidienne; ils sont la bénédiction de ma vie fervente et leur sensualité divine toute vibrante de joie voit se dresser chaque jour devant eux ma vivante admiration. Leur contemplation me procure le bonheur de ces heures solennelles à partir desquelles désormais l'antique vous parle toujours (...)

Auguste Rodin, 1904

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