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Les Eclosions Asynchrones

Les Eclosions Asynchrones

Auto-édition, romans, poésie, spiritualité

Publié le par Les Eclosions Asynchrones
Publié dans : #Poèmes, #SoundCloud

Chaque samedi, la team #SamPoésie emmenée par Sandra Dulier (twitter: @SandraDulier) propose des défis à tous les auteurs francophones qui le souhaitent. Voici ma participation pour cette semaine... Plus d'infos là !

Des ondes zen

 

Assis au bord du jardin minéral,
les yeux voguant sur des courants de sable,
je cherche à rejoindre un îlot protégé
de la cacophonie urbaine,
à m'éloigner des rives du quotidien,
de la violence, des agressions,
des peurs sans fondement,
des regrets inutiles,
du matraquage organisé pour m'abrutir.

Un inspir, un expir.
La seule issue est dans le souffle.

Un inspir, un expir.
Il faut du temps pour faire le vide,
pour que cessent enfin
les cavalcades du petit singe mental,
qui craint l'absence de public
plus que la mort.
" Je te subjugue, donc je suis ! ",
me lance-t-il en grimaçant.
Je le regarde s'agiter en souriant,
jusqu'à ce qu'il se calme,
et disparaisse. 

Un inspir, un expir.
L'instant présent est l'unique réalité.
Les royaumes de l'illusion se dissolvent. 

Un inspir, un expir.
Libéré de sa prison, 
l'esprit-papillon s'éveille,
bat doucement la cadence.
Les pulsations de ses ailes subtiles
intiment au corps un balancement,
sur le tempo du coeur.

Alors, un éclair blanc sous les paupières,
et le lotus aux mille pétales s'épanouit.
Le haut du crâne s'ouvre,
et s'y déverse l'énergie en torrent.

Je ne suis plus qu'un canal,
le lit d'un ruisseau à sec
reconnecté à sa source,
une cellule de l'univers,
liée à tout ce qui est,
et vibrant à son unisson.
De mes paumes ouvertes coule la force joyeuse de vie,
qui se répand à l'infini en vagues de lumière.

Tel est le sens,
telle est l'essence,
l'effet papillon bénéfique :
tu transformes le monde en te transformant,
tu apaises le monde en t'apaisant.

 

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Publié le par Les Eclosions Asynchrones
Crédit illustration : © Philippe Druillet - Salammbô - Editions Dargaud

Crédit illustration : © Philippe Druillet - Salammbô - Editions Dargaud

 

 

Des hordes de guerriers squelettiques
scrutent le ciel qui bascule.
Corps sombres et immenses, debout,
appuyés avec nonchalance
sur leurs sagaies ornées de perles écarlates,
ils ne marquent aucune impatience. 
Leurs visages peints ont pourtant le regard fixe,
seul signe de leur vigilance.

Convoqués par la conjonction inédite
d'astres habituellement ennemis,
ils sont sortis de leurs terres maudites,
par petits groupes d'abord, puis, 
se rejoignant, s'amalgamant en route,
en masses bourdonnantes de plus en plus compactes. 

Et ici donc, au bord du monde,
ne pouvant plus avancer, 
ils attendent les armes à la main, 
face à l'horizon qui chancelle.

C'est un crépuscule à faire tomber des empires.

Sur la frontière d'en face,
là-haut, une autre rive,
éclairée par la débauche ostentatoire
de conurbations hypertrophiées,
dans lesquelles une civilisation de vieillards,
stérilisée par ses propres excès,
se divertit à en mourir
dans des tours d'orgueil et de lumière.

Un fruit trop mûr.

Tant de richesse et d'impiété...
Tant de pouvoir à la médiocrité...
Tant de rêve à portée de main...
Tant de silences à venger...
Tant de futur à vendanger...

Le ciel s'incline.
Les bords des mondes se rapprochent. 

Encore un peu de pente, 
encore quelques degrés, 
et des empires tomberont. 

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Publié le par Les Eclosions Asynchrones

Chaque samedi, la team #SamPoésie emmenée par Sandra Dulier (twitter: @SandraDulier) propose des défis à tous les auteurs francophones qui le souhaitent. Voici ma participation pour cette semaine... Plus d'infos là !

Mots jeunes, mots anciens

 

Les mots jeunes, ceux qu'on écrit,
Sont des créatures grégaires,
Qui à peine nées du stylo,
Juste lancées sur le clavier,
Lèvent le nez aux courants d'air,
Tentant de coller à leurs frères,
A leurs cousins de paragraphe,
En donnant force coups de points.

Ces frêles pousses d'un vert tendre, 
Pataudes, brouillonnes, fragiles,
Voudraient survivre en faisant sens, 
Aimeraient qu'on les trouve belles
Pour prolonger leur existence
Sans être biffées, effacées,
Copiées/collées vers la poubelle
Avant que d'avoir été lues. 

Or, l'engrais des pages jaunies 
Enrichi les champs de pixels :
C'est sur l'écorce des mots vieux
Que les mots ados font leurs griffes,
Que leur sève tonitruante
Prend l'ambre sucré des aînés;

C'est là l'abri des mots anciens,
Sous leurs canopées gigantesques
Semées par d'antiques génies,
Ces mots qu'on a lu, qu'on relit,
Ceux qui nous ont soufflé un jour :
" Tu peux faire pousser aussi ! "

 

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Publié le par Les Eclosions Asynchrones

Chaque samedi, la team #SamPoésie emmenée par Sandra Dulier (twitter: @SandraDulier) propose des défis à tous les auteurs francophones qui le souhaitent. Voici ma participation pour cette semaine... Plus d'infos là !

Thème cette semaine : la transmission, la généalogie, les racines, le temps...

Thème cette semaine : la transmission, la généalogie, les racines, le temps...

Pour mon père, parti brutalement cet été, évidemment trop tôt,

et pour mes enfants.



Paysans ou soldats, servantes, charpentiers,
Tribu des âges noirs forgée par la misère,
Au-delà de cent ans, vous n'êtes que mystère;
Et pourtant me voilà, l'un de vos héritiers...
Votre folle épopée hante mes chromosomes,
Et dans mon ADN s'agitent vos fantômes.

Je ne verrai pas tout des voies qui se dessinent.
A vous, petits bourgeons issus de mes racines,
Je confie le brandon, portez-le fièrement.
Nos mânes guideront vos pas inconsciemment,
Toujours vous forceront à percer la frontière,
Les sabots au sillon, le nez vers la lumière.

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Publié le par Les Eclosions Asynchrones

Chaque samedi, la team #SamPoésie emmenée par Sandra Dulier (twitter: @SandraDulier) propose des défis à tous les auteurs francophones qui le souhaitent. Voici ma participation pour cette semaine... Plus d'infos là !

Smart Faune

 

Cœur brillant et vibrant

De vie artificielle,

Joyau noir obsidienne,

Compagnon de fortune,
 

Palpitant amalgame

D'or et de silicium,

De cuivre, de cadmium

Et de sueur asiatique

Exploitée à la chaîne,
 

Cœur de nos relations,

Vertige numérique,

Faux miroir en abîme

Des âmes bâillonnées,

 

Attablés face à face,

Les amants désormais

Ne regardent que toi...

 

 

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Publié le par Les Eclosions Asynchrones
Publié dans : #Poèmes
Photo de Marta Boixo - Unsplash.com

Photo de Marta Boixo - Unsplash.com

 

 

Tu es l'essence, la racine,

L'élan et la finalité.

 

Tu es ma raison et ma preuve,

La condition de mes possibles

 

Tu es un murmure incarné

Le chant visible de la grâce

Le regard vrai au noble envol.

 

Tu es la liesse du printemps

Qui fend les pierres d'amertume

De ne pouvoir suivre tes pas.

 

Tu es la flamme pacifique

Au port de reine et qui, passant,

Fait courber l'échine aux centaures

Tout en amusant les enfants.

 

Tu es l'oiseau de paradis,

La caresse soufflée qui chasse les scories,

La valse improvisée qui réjouit les nuages.

 

Tu es une goutte de ciel,

La vague du miracle qui revient toujours,

La victoire embrassée riant de l'évidence.

 

Tu es ma promise éternelle,

La source intarissable des ravissements,

La jambe dénudée pour traverser le gué,

Le pinceau,

Le ruisseau,

Le désir du tracé,

Un baiser de pastel sur le bord du papier.

 

 

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Publié le par Les Eclosions Asynchrones
Publié dans : #Poèmes
Je reviendrai vers toi

Lorsque j'aurai porté, en changeant tous les jours,
Les masques biscornus de terres étrangères,
Pris les couleurs du temps imprégnées de poussière,
Effacé mon passé sans trace ni contour;

Quand j'aurai, par hasard, joué au dés des empires,
Commandé cent milles hommes, bâti des cités,
Où les rues éclairées par l'éclat de tes rires
Luiront sur les trottoirs pavés de mes ratés;

Quand j'aurai tamisé en quête de grains d'or
Tout un fleuve de fange, fendu l'athanor
Par des siècles de siècles de métamorphose
Pour muer ma bêtise en quelque apothéose;

Quand j'aurai englouti l'antre de mes colères,
Oublié mes visages, inversé les frontières,
Quand je serai plus riche d'avoir tout perdu
Usé, pulvérisé, dilapidé, fondu;

Quand j'aurai pu franchir les colonnes de jade
Qui bornent le pays de ta compréhension,
Puis, laissant en deçà une ultime bravade,
Retranscrit la formule d'une rédemption;

Pris un bout de soleil dans du papier d'argent,
Tendu comme une toile sur un cerf-volant,
Quand je l'aurai coupé, et parfumé de mangue,
Transformé en bonbon pour picoter ta langue;

Lorsque j'aurai acquis la science des présages,
Et pourrai lire dans le vol des martinets
Le symbole sacré protégeant tes secrets
Griffonné dans le ciel à grands coups de nuages;

Alors je reviendrai, nu comme un nouveau né,
Ayant jeté au vent, laissé sans sépulture,
Les mantilles d'oignon, pelure après pelure,
Qui t'ont tant fait pleurer et m'avaient aveuglé;

Je reviendrai vers toi pour que tu me modèles,
Que tes doigts donnent forme à mon écho fuyard
D'un fragment de mémoire, un éclat de brouillard,
En suivant à la trace une ou deux étincelles;

Je reviendrai vers toi par la houle d'un rêve
Et enjoliverai des souvenirs de nous,
Pour qu'au petit matin, le souffle d'une trêve
Fasse ton jour léger et tes espoirs plus fous...

 

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Publié le par Les Eclosions Asynchrones
Le goéland et les lapins

 

    Il y a bien longtemps, un goéland vécut quelques années au milieu des lapins.

    Poussé par la curiosité, il avait voyagé par-delà les mers et les continents, survolant plaines et montagnes, et ses explorations lointaines l’avaient rendu très sage.

 

    Au début, il voulait juste en apprendre un peu plus sur cet étrange peuple aux longues oreilles et se reposer un peu avant de repartir, mais  il assista à des rites étranges qui l'intriguèrent fort.

    Les lapins étaient en effet en compétition permanente pour se choisir un roi, car dans leur société les règnes ne duraient pas longtemps.

    L'oiseau ne se souciait guère de leur système politique, mais jugea leurs méthodes de sélection, basées sur la violence et le mensonge, particulièrement barbares.

    Quand il comprit à quel point les lapins étaient ignorants du monde, il se mit en devoir de leur raconter ce qu'il avait vu.

 

    D'abord, les rongeurs ne le crurent pas quand il leur dit que l'univers était plus vaste que leur champ de luzerne. Mais bientôt, un petit groupe de lapins se mit à le suivre, car ils ne se lassaient pas d'entendre ses belles histoires sur la liberté de l'envol, la pureté du ciel, l'étendue des plages, la blancheur des neiges éternelles...

    La communauté des amis du goéland continua de grossir peu à peu, et ses récits devinrent si populaires, que le roi du moment en conçut de l'agacement, puis de la crainte.

    Il ordonna qu'on mette l'oiseau à mort, car il mettait son pouvoir en péril. Le goéland fut alors lapidé puis cloué sur un bout de bois pour l'exemple, afin que plus personne n'ose prétendre que l'univers était plus vaste que le royaume de luzerne.

 

    Effrayés, les amis du goéland se dispersèrent, se cachant dans leurs terriers jusqu'à ce que le courroux du roi soit passé. Mais les belles histoires qu'ils avaient entendues continuaient de les hanter, et ils restaient persuadés que ce que l'oiseau leur avait décrit était vrai. Craignant qu'avec le temps elles finissent par se perdre dans l'oubli, quelques lapins érudits se mirent en devoir de les porter par écrit, en les recopiant de mémoire le plus fidèlement possible.

    Les histoires du goéland commencèrent alors à circuler clandestinement dans le champ de luzerne, puis dans les champs voisins, car les lapins avaient de plus en plus d'échanges commerciaux avec leurs cousins de garenne.

    Il se passa alors un phénomène étrange : plus les histoires étaient lues et diffusées, plus on les recopiait, plus elles se transformaient, et s'étoffaient de nouveaux chapitres pour satisfaire la curiosité des lecteurs, par exemple sur la naissance et l'enfance de l'oiseau disparu. Le volatile devint une légende.

 

    Ainsi, d'un champ à l'autre, les versions des "histoires de l'oiseau" se mirent à diverger de plus en plus. Dans une parcelle, on parlait désormais d'un phénix immortel, un oiseau de feu qui reviendrait du ciel pour donner la vie éternelle à tous les lapins. Dans une autre, on racontait que c'était un faucon implacable qui punirait de mort les lapins commettant des péchés.

 

    La légende de l'oiseau venu de loin continua d'évoluer pendant des siècles...

 

    Aujourd'hui, les lapins continuent de se battre pour choisir leurs rois.

    Mais ils se battent aussi entre ceux qui croient que l'oiseau était un phénix, et ceux qui sont persuadés que c'était un faucon…

 

    Loin au-dessus d'eux, des goélands planent toujours dans le ciel d'azur, et il ne leur viendrait pas à l'idée de se poser au milieu d’un tel tumulte !

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Publié le par Les Eclosions Asynchrones
Publié dans : #Poèmes
crédit photo : © Clément Blin - http://www.clementblin-blog.fr

crédit photo : © Clément Blin - http://www.clementblin-blog.fr

Vous nous avez créés d'un revers de pensée, par inadvertance,
Et avez fait de nous des cueilleurs de vertiges,
Des dompteurs d'abîmes, des dilapidateurs d'étincelles.

Nous mesurons l'inclinaison de vos pentes bancales,
Et par addition de vos angles d'attaque, en extrayons des racines positives.

Nous léchons, pour les décoller, les écailles de plâtre sur les parois de vos âmes.

 

Nos scalpels aveuglants gravent des enluminures sur vos langues de sable.


Nous aiguillonnons rarement nos attelages arbitraires :
Leur nature instable les fait aller à grand train sans qu'on s'en préoccupe.

Ils nous conduisent où bon leur semble, là où le hasard sent la pâture,
Et peu leur chaut s'il nous font traverser des essaims de doutes venimeux,
Des amers de sarcasmes ou d'impensables mouvants.


Nous capturons des zodiaques rétifs,
Les plongeons dans de bouillonnants bains de balsame
Pour les assouplir et en faire des cerceaux.

Nous nouons ensemble des limbes à la dérive
Pour vous offrir des bouquets de néant chatoyant.


Quel mot avez-vous dit ?

"Poètes" ?

Crénom ! C'était donc ça...

 

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Publié le par Les Eclosions Asynchrones
Publié dans : #Roman

Mon deuxième roman est désormais disponible, en version brochée, ou ebook format Kindle. Je vous en livre ici la quatrième de couverture, en espérant qu'elle vous donnera l'envie d'en savoir plus. Bonne lecture !

"Le retour à Orphalèse", une suite au "Prophète" de Khalil Gibran, 190 pages

"Le retour à Orphalèse", une suite au "Prophète" de Khalil Gibran, 190 pages

Le retour à Orphalèse

Une suite au "Prophète" de Khalil Gibran

 

    Et si les paraboles poétiques de Almustafa avaient été mal comprises par ses disciples ?

 

    Ou pire, si elles avaient été utilisées et déformées par des ambitieux sans scrupules pour asseoir leur pouvoir ?

 

    Le prophète Almustafa, le Bien-Aimé, l’ombre de son propre jour, a disparu tragiquement il y a vingt ans. Après avoir parcouru le monde pour le faire connaître, et transmettre ses perles de sagesse, l’un de ses plus proches disciples, Youssef, découvre la ville où, douze années durant, il a affiné sa pensée : la cité légendaire aux sept portes, l’orgueilleuse Orphalèse.

 

    Au seuil de la vieillesse, il veut marcher dans les pas de son maître, retrouver des témoins de ses années de maturation, et porter par écrit leurs anecdotes pour qu’elles traversent le temps. Au fil de ses rencontres, des souvenirs, des bribes d’enseignement reviennent à sa mémoire.

 

    Mais au sortir d’une nuit de tempête, un événement inattendu vient interrompre ses projets, et bouleverser la vie des habitants de la ville blanche...

 

    A travers le prisme du conte, "Le retour à Orphalèse" nous incite à réfléchir à la dérive inexorable des religions vers l'intolérance et la violence, qui résonne particulièrement dans notre actualité.

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