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Les Eclosions Asynchrones

Les Eclosions Asynchrones

Auto-édition, romans, poésie, spiritualité

Publié le par P.S.
Publié dans : #Citations

    Winnipeg, capitale de la province canadienne du Manitoba, est une ville que j'aime particulièrement, sans doute parce que c'est la première destination étrangère où j'ai eu la chance de séjourner un peu plus longuement qu'à l'ordinaire. J'ai ainsi pu m'y faire des amis pour la vie, et j'y retourne régulièrement. Cet été, sur des stèles pavant un pont,  j'y ai découvert par hasard un beau texte gravé en trois langues (Français, Anglais et Cri). Je le reproduis ici, car il résume en quelques phrases l'histoire des Amériques, et, pourquoi pas, celle de l'humanité...

    Bien évidemment, la réalité du 'melting pot' n'est pas aussi rose au quotidien. Il n'empêche que nous devons conserver intacte cette ambition, nous battre pour sa matérialisation, et ce quelles que soient les communautés qui sont appelées à cohabiter.

 

 

 

Au commencement, tout était austère et aride, jusqu'à l'aube du premier jour quand la terre se mit à vivre, offrant ainsi ses dons magnifiques dans le cycle infini des saisons.

 

Des civilisations ont émergé - en premier les peuples Autochtones, leur vie intimement liée à la nature. Puis, sont venus les explorateurs, les voyageurs, les marchands, les missionnaires et les colons - au début des Français et des Anglais, et bientôt de nombreux autres. La terre les a accueillis mais non sans leur donner de dures leçons. Certains ont dû lutter pour leur survie. Néanmoins tous partageaient la vision commune d'une meilleure vie dans le nouveau monde.

 

Chaque groupe ethnique vint avec ses valeurs traditionnelles, sa langue et ses coutumes, l'héritage unique des individus souvent exprimé dans les vêtements qu'ils portaient - des coiffures joliment décorées, des ceintures, des tartans aux couleurs vives, des peaux et des tissus richement brodés.

 

Pourtant, avec le temps, comme les nombreux fils d'un seul tissu, toutes ces cultures se sont enchevêtrées, nouées puis liées les unes aux autres. Elles cherchaient toutes à vivre en harmonie sur cette grande, vaste terre où des ponts - culturels et physiques - ont été construits pour unir les peuples et les territoires.

 

C'est avec espoir et détermination que les peuples de différentes origines continueront à se réunir en ces lieux - unis dans une danse multiculturelle qui célèbre le passé et anticipe ardemment chaque nouveau lendemain.

 

 

  Pour la beauté de son alphabet, voici le même texte dans la langue des Indiens CrisTexte Cree

 

 

 

Esplanade Louis Riel, Winnipeg, Manitoba, Canada

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Publié le par philippe souchet
Publié dans : #Roman

kindle-app-icon.jpg

 

Pas besoin d'avoir un livre électronique Kindle pour lire Incarnations !

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Publié le par philippe souchet
Publié dans : #Roman

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Publié le par P.S.

Un nouvel album photo est en ligne, sur Pékin.

Au menu, des photos exclusives de La Cité Interdite !

 

 

 

 

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Publié le
Publié dans : #album
Beijing (Mars 2010)
Beijing (Mars 2010)
Beijing (Mars 2010)
Beijing (Mars 2010)
Beijing (Mars 2010)
Beijing (Mars 2010)
Beijing (Mars 2010)
Beijing (Mars 2010)
Beijing (Mars 2010)
Beijing (Mars 2010)
Beijing (Mars 2010)
Beijing (Mars 2010)
Beijing (Mars 2010)
Beijing (Mars 2010)
Beijing (Mars 2010)
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Beijing (Mars 2010)
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Beijing (Mars 2010)
Beijing (Mars 2010)
Beijing (Mars 2010)
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Beijing (Mars 2010)
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Beijing (Mars 2010)
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Beijing (Mars 2010)
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Beijing (Mars 2010)
Beijing (Mars 2010)
Beijing (Mars 2010)
Beijing (Mars 2010)
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Beijing (Mars 2010)
Beijing (Mars 2010)
Beijing (Mars 2010)

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Publié le par P.S.
Publié dans : #Citations

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Dans un précédent article, j'avais cité le premier poème des Chants d'Innocence de William Blake. Devant le succès de cette publication, je vous propose aujourd'hui le dernier poème de l'ouvrage qui lui fait suite Les Chants d'Experience, une production tardive et désabusée de l'auteur. Ici, la candeur et l'enchantement des débuts à fait place à l'obscurité, la folie et la mort. Bien sûr, un nouveau matin revient toujours, mais le vieux poète voit ses contemporains égarés sur de mauvais chemins, et laisse le soin de les guider vers la lumière à une nouvelle génération.

 

La voix de l'ancien barde

 

Jeunesse délicieuse, viens-t-en ici

Et vois le matin qui s'ouvre,

Image de la vérité nouvelle-née.

Le doute a fui, et les nuages de la raison,

Et les sombres disputes et les savantes oeillades.

La Folie est un labyrinthe sans fin,

Des racines enchevêtrées embrouillent ses chemins.

Combien sont tombés là !

Ils trébuchent à longueur de nuit sur les os des morts,

Et sentent ne savent pas quoi qui les soucie,

Et souhaitent guider les autres quand ils devraient être guidés.

 

 

 

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  The Voice of the Ancient Bard.

  Youth of delight, come hither

  And see the opening morn,

  Image of Truth new-born.

  Doubt is fled & clouds of reason,

  Dark disputes & artful teazing.

  Folly is an endless maze,

  Tangled roots perplex her ways.

  How many have fallen there!

  They stumble all night over bones of the dead,

  And feel they know not what but care,

  And wish to lead others, when they should be led.



© William Blake - Chants d'Innocence et d'Expérience - édition bilingue - Quai Voltaire

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Publié le par P.S.
Publié dans : #Roman

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Publié le par P.S
Publié dans : #Citations

  Voici un texte de Fred Vargas qui circule en ce moment, et qui me plait beaucoup. A faire passer !

 

     Nous y voilà, nous y sommes.

    Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.
     Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal.
    Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance, nous avons chanté, dansé. Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides àl'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.
    On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s'est marrés.
Franchement on a bien profité.
     Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
     Certes.
     Mais nous y sommes.
     A la Troisième Révolution.
     Qui a ceci de très différent des deux premières ( la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie.
     « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.

     Oui.

     On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi ou crevez avec moi
 
     Évidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux. D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance.
Peine perdue.

     Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
   Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, – attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille
récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).

     S'efforcer.
     Réfléchir, même.

     Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d'échappatoire, allons-y.
     Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.
     A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut-être.

     A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
     A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.
 

Fred Vargas
Archéologue et écrivain

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Publié le par Les Eclosions Asynchrones
"Incarnations" est sorti

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Publié le par P.S.
Publié dans : #Roman

           

             Malek, alias Thibault d’Arras, observait Bonaparte, qui faisait nerveusement les cents pas sur le château arrière de l’Orient. Il vit enfin apparaître la ligne ocre et sans relief des rivages de l’Egypte, qui n’étaient encore qu’un désert. D’ici peu, la proue du navire fendrait les eaux jaunes annonçant l’approche du delta du Nil. L’immortel savait le général en chef heureux d’être à la fin de la traversée, mais aussi anxieux de devoir bientôt affronter les mystérieux Mamelouks, dont la réputation de férocité et de courage faisait frémir tous les bords de la Méditerranée.

            Le terme « Mamelouk » désignait, en arabe, les esclaves blancs. De 1250 à 1517, ces esclaves, pour la plupart d'origine turque, avaient régné sur l'Égypte. Ils étaient d’excellents cavaliers, et avaient acquis dans l’art de la guerre à cheval une maîtrise que tout le monde musulman leur enviait. Lorsque le sultan ottoman avait installé un pacha pour établir sa main mise sur les bords du Nil, celui-ci avait gardé les Mamelouks comme administrateurs provinciaux, leur conférant le titre de bey. A partir de 1770, les vingt-quatre beys avaient repris presque tout le pouvoir, pratiquement indépendants du sultan, et en conflit constant avec son pacha, qui n’avait plus guère d'autorité. Ils formaient une oligarchie guerrière qui régnait despotiquement sur le pays, et il semblait insensé de vouloir mettre fin par la force à leur pouvoir séculaire. Les choses allaient pourtant aller très vite. 

 


Ignorant tout de l’histoire des hommes qu’ils allaient combattre, les soldats de la jeune République française, emmenés par le petit Corse, débarquèrent à Alexandrie le premier juillet 1798 et, grâce à l’effet de surprise, se rendirent maîtres de la ville dés le lendemain. Le vingt-et-un juillet, ils battirent les deux chefs mamelouks Mourad Bey et Ibrahim Bey, qui gouvernaient alors la province du Caire, à la fameuse bataille des Pyramides. Le vingt-sept, Bonaparte faisait son entrée solennelle au Caire.

            Avoir pris Alexandrie et Le Caire, c’était avoir conquis l’Egypte, car il ne restait pas d’autre cité d’importance dans le pays. L’affaire s’était réglée à marche forcée, en moins de quatre semaines, ce qui était inespéré si l’on considère le contexte géographique auxquels les Français n’étaient pas préparés et la vaillance de leurs adversaires qui se défendaient pied à pied. Mais Mourad et Ibrahim, les deux beys les plus puissants, s’étaient échappés vers le sud au lendemain des Pyramides, et la victoire de Bonaparte n’était pas totale. Cette fuite pouvait donner lieu à des révoltes populaires et à une résistance sans fin, alors que le général rêvait déjà de marcher sur la Syrie et Saint Jean d’Acre, d’étendre à d’autres pays la présence française en orient. Il voulait ainsi entrer dans le domaine réservé des Anglais, et savait parfaitement qu’il ne pourrait réussir que s’il les battait de vitesse. On ne pouvait par conséquent pas perdre un temps précieux à nettoyer l’Egypte village par village.

            Il fallait au Corse un homme d’exception pour mener à bien cette tâche ingrate et de longue haleine. Un fou, prêt à poursuivre le diable en personne jusqu’aux sources du Nil s’il le fallait, et un génie militaire, capable de déjouer les ruses ottomanes et les pièges du désert avec le peu d’hommes qu’il aurait à sa disposition. Bonaparte possédait cette carte décisive, en la personne du général Desaix.

            Né en 1768 d’une noble famille auvergnate, Louis Charles-Antoine des Aix de Veygoux, devenu par nécessité et par conviction le citoyen Desaix, était une tête brûlée dotée à la fois d’une grande culture artistique et d’un sens inné de la guerre. Sorti de l’école militaire à quinze ans avec le grade de lieutenant, il avait gravi les échelons à une vitesse fulgurante pour devenir général de division trois ans plus tard. Il avait rencontré Bonaparte pendant la campagne d’Italie, où son courage et son ardeur dans l’action avaient forcé l’admiration. Un indéfectible respect mutuel était né entre les deux hommes, et le Corse pensait immédiatement à l’Auvergnat quand il avait une mission impossible à accomplir.

            Toujours dans l’entourage proche du général en chef depuis l’embarquement à Toulon, Malek apprit ainsi parmi les premiers qu’on donnait dans l’urgence trois mille hommes et quelques bateaux à Desaix pour remonter le Nil et étendre la paix républicaine au long de ses rives. Pressé de revoir le grand temple de Thèbes, l’apostat n’avait nulle envie d’attacher plus longtemps son destin à celui de Bonaparte et de le suivre en Syrie. Il fit des pieds et des mains pour être ajouté aux effectifs de la division Desaix, et quand enfin il y parvint, elle s’ébranlait déjà vers le sud, à la découverte d’un pays redevenu inconnu après des siècles d’isolement.

 

 

© Incarnations 2010 - Dépôt SNAC n° 5-4911

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