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Les Eclosions Asynchrones

Les Eclosions Asynchrones

Auto-édition, romans, poésie, spiritualité

Publié le par Les Eclosions Asynchrones
Amanda Gorman au Capitole de Washington, le 20 janvier 2021.

Amanda Gorman au Capitole de Washington, le 20 janvier 2021.

Originaire de Californie, Amanda Gorman grandit à Los Angeles.
En 2014, elle est choisie comme jeune poète lauréat de la ville.
En avril 2017, elle est nommée comme la toute première Poète lauréat de la jeunesse des États-Unis. En 2020, elle obtient son diplôme de sociologie de l'université Harvard.
Le 20 janvier 2021, à 22 ans, elle est la poétesse invitée à l'inauguration (inaugural poet) du 46e président des États-Unis, Joe Biden. Elle lit un texte écrit après l'assaut du Capitole du 6 janvier 2021, "The Hill We Climb".


Je vous en propose ici une traduction en français. 


"Monsieur le Président, Dr. Biden, Madame la Vice-présidente, Monsieur Emhoff, Américains et le monde entier, 
Quand le jour vient, nous nous demandons où trouver la lumière dans cette ombre sans fin. 
La perte que nous portons, nous devons l'emmener vers le large. 
Nous avons bravé le ventre de la bête. 
Nous avons appris que le calme n'est pas toujours la paix. 
Dans les normes et les notions de ce qui est juste, ne réside pas toujours la justice. 
Et pourtant, l'aube est à nous avant même que nous le sachions. 
D'une manière ou d'une autre, nous le faisons. 
D'une manière ou d'une autre, nous avons survécu et nous avons été témoins d'une nation qui n'est pas brisée, mais simplement inachevée. 
Nous, les successeurs d'un pays et d'une époque où une frêle jeune fille noire, descendante d'esclaves et élevée par une mère célibataire, peut rêver de devenir présidente et se retrouver à réciter devant l'un deux.


Alors oui, nous sommes loin d'être raffinés, loin d'être sans défaut, mais qui dit que nous nous battons pour une union qui serait parfaite ?
Nous nous évertuons à forger notre union avec un but : 
composer un pays engagé dans toutes les cultures, couleurs, caractères et conditions de l'homme. 
C'est pourquoi nous levons les yeux non pas sur ce qui se dresse entre nous, mais sur ce qui se dresse devant nous. 
Nous comblons le fossé parce que nous savons que pour faire passer notre avenir avant tout, nous devons d'abord mettre nos différences de côté. 
Nous déposons nos armes pour pouvoir tendre les bras les uns vers les autres. 
Nous ne cherchons le mal pour personne et l'harmonie pour tous. 
Que le monde entier, au moins, puisse témoigner :
Qu'alors même nous étions en deuil, nous grandissions. 
Qu'alors même nous souffrions, nous espérions. 
Qu'alors même nous nous épuisions, nous tentions de rester ensemble jusqu'à la victoire. 
Non pas parce que nous ne connaîtrons plus jamais la défaite, mais parce que nous ne sèmerons plus jamais la division.


Les Écritures nous demandent d'imaginer que chacun s'assoira sous sa vigne et son figuier, sans plus craindre personne. 
Si nous voulons être dignes de cette vision, alors la victoire ne viendra pas par l'épée, mais par tous les ponts que nous aurons construits. 
C'est la promesse d'une clairière, en haut de la colline que nous gravissons si seulement nous l'osons. 
C'est parce qu'être américain est plus qu'une fierté dont nous héritons. 
C'est le passé dans lequel sont plantés nos pieds, et la façon dont nous le réparons. 
Nous avons vu une force qui voulait briser notre nation plutôt que la donner en partage,
détruire notre pays en retardant la démocratie. 
Son effort fut bien proche de réussir.


Mais si la démocratie peut être retardée de temps à autre, elle ne peut jamais être définitivement vaincue. 
Dans cette vérité, dans cette foi que nous avons alors que nous regardons vers l'avenir, l'histoire a les yeux tournés vers nous. 
C'est l'ère de la juste rédemption. 
Nous en avions peur à son commencement. 
Nous ne nous sentions pas prêts à être les héritiers d'un moment aussi terrifiant, 
mais en lui, nous avons trouvé le pouvoir d'écrire un nouveau chapitre, 
pour nous offrir de l'espoir et des rires
ainsi, alors que nous nous demandions : "comment pourrions-nous vaincre la catastrophe ?"
nous affirmons maintenant : "comment la catastrophe pourrait-elle l'emporter sur nous ?"


Nous ne reviendrons pas à ce qui était, mais nous irons vers ce qui sera peut-être un pays meurtri, mais entier, bienveillant mais audacieux, sauvage et libre. 
Nous ne nous retournerons pas, ni ne serons interrompus par des intimidations, car nous savons que notre inaction et notre inertie seront l'héritage de la prochaine génération. 
Nos manquements deviennent leur fardeau. 
Mais une chose est sûre, si nous unissons la miséricorde avec la force, et la force avec le droit, alors l'amour devient notre héritage et change le droit imprescriptible de nos enfants.


Laissons donc derrière nous un pays meilleur que celui qui nous a été légué. 
À chaque souffle de ma poitrine forgée de bronze, nous ferons de ce monde blessé un monde de merveilles. 
Nous nous dresserons des collines irisées d'or de l'Ouest. 
Nous nous dresserons du nord-est venteux où nos aïeux firent leur première révolution. 
Nous nous dresserons des cités des lacs du Midwest. 
Nous nous dresserons du Sud brûlé de soleil. 
Nous reconstruirons, nous réconcilierons et guérirons dans chaque recoin connu de notre nation,
dans chaque coin que nous appelons "notre pays", notre peuple, beau dans sa diversité, en sortira cabossé mais toujours beau.


Quand le jour vient, nous sortons de l'ombre, rayonnants et sans peur. 
L'aube nouvelle s'épanouit à mesure que nous la libérons. 
Car il y a toujours de la lumière. 
Seulement si nous sommes assez courageux pour la voir. 
Seulement si nous sommes assez courageux pour l'incarner."



Amanda Gorman

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Mon Jeu Gratuit 23/01/2021 01:30

Merci, au plaisir de vous voir ????