Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Les Eclosions Asynchrones

Les Eclosions Asynchrones

Auto-édition, romans, poésie, spiritualité

Publié le par Les Eclosions Asynchrones
Publié dans : #Poèmes
Les marionnettes enragées
Photo by Nsey Benajah on Unsplash

Au fond d'une geôle lointaine,
Dans un univers insondable
Qui brûle au feu de la Géhenne,
Croupit la lie de l'innommable.

Au milieu des visions d'horreur,
Parmi les cris de désespoir
Et les hurlements de terreur,
On entend des coups de boutoir :

Des démons prisonniers enragent,
Secouent les barreaux de leurs cages,
Forcent leurs chaînes, leurs verrous,
Qui cèdent soudain sous les coups.

Fuyant la souffrance éternelle
Par une faille temporelle,
Ils envahissent notre monde
Où la chair offerte est féconde…


***


Quand les corps de pantins inconscients qu'ils pilotent
Se rassemblent en meute en sortant de leurs grottes,
Et se sentant plus forts, étonnés de leur nombre,
Inondent les cités de leur grouillement sombre,

Quand leurs lèvres de bois tordues
Font résonner des chants de haine
Des mots pourris par la gangrène,
Des insultes longtemps perdues,

Alors la Bête sort enfin,
Nue sous son grand manteau de nuit,
Attirée par le doux parfum
De destruction et d'anarchie.

Et la foule s'agite au rythme de ses doigts,
Car la violence n'est qu'un jeu de marionnettes.
Elle rit et s’enivre des torrents d'effroi
Que crachent chaque jour les égouts d'internet.

Plus le mensonge est gros, plus les pantins s'affolent,
Sanctifiant bec et ongles de fausses idoles.
Le haut devient le bas, et tout est à l'envers
Pour l'esprit asphyxié par des filtres pervers.


***


Bientôt le chaos est partout.
La reine Raison se résout
À inviter en pourparlers
La Bête aux marches du palais.

Accusée de guerre civile,
La monarque fait un faux pas,
Se prend les pieds et tombe au bas
De l'ombre noire qui jubile.

Comprenant sa victoire,
Elle plante ses crocs
Dans le cou de l'infante;
L'étau de sa mâchoire
Irradie le fléau
Dans la chair impuissante.

La Raison est à terre
Et se fait mordre encore
Par la horde zombie
Aveuglée de colère
Qui piétine son corps
Et la laisse sans vie.

"Je hais ta paix molle et morose,
Tes blancs sourires, ta peau rose !"
Éructe la méchante goule
Avec du rouge entre les dents.
"Tu as gouverné trop longtemps
Et ton monde absurde s'écroule.

Je vais détruire ton ouvrage,
Car est venu le nouvel âge :
Celui du sang et de la flamme,
Celui du règne de l'infâme, 

De l'esclavage des silences,
Des murs entre les différences,
De l'histoire arrêtée, enfin,
Pour que l'enfer n'ait plus de fin."

 

Commenter cet article